The Venture Bros., saison 1

The Venture Bros

Si je vous parle d’un dessin animé américain pas tout jeune, mettant en scène un savant génial, deux adolescents et leur garde du corps – et en ignorant consciencieusement le titre de ce billet – les plus ravagés d’entre vous vont sans doute penser à Jonny Quest. The Venture Bros. en est la version trash et décalée.

Je vous en avais brièvement parlé pour mentionner un extrait qui faisait le parallèle entre superscience et rock progressif. Du coup, j’ai sauté le pas et commandé l’intégrale de la série (quatre saisons à ce jour); j’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’attendre (et Isa, dont la culture animation est largement plus étendue que la mienne, était encore plus perplexe).

Sans aller jusqu’à parler de héros, le quatuor des protagonistes est un ramassis de cas sociaux, dont le moins incompétent est sans doute Brock Samson, la montagne de muscle surhormonnée et vaguement psychopathe qui sert de garde du corps aux trois autres. Le docteur Thaddeus Venture, fils d’un génie des années 1960, est au mieux un savant médiocre, narcissique et veule; quant à ses deux fils, Hank et Dean, qui justifient le titre de la série, ce sont deux ados qui, ensemble, arrivent à peine à un QI à trois chiffres.

Comme rien n’est simple, papa Venture avait accumulé, au cours des années, de solides inimitiés auprès des organisations de superméchants, lesquelles ne trouvent rien de mieux que de tomber sur la tête du fiston et de ses deux rejetons – sans parler des anciens camarades de collège dudit fiston, pour la plupart devenus eux aussi criminels costumés.

Évidemment, la galerie des méchants vaut elle aussi le détour, à commencer par The Monarch, orphelin élevé par une famille de papillons, et son lieutenant et compagne, le docteur Girlfriend (créature de rêve qui parle avec une voix d’homme), le baron Werner Ünderbheit, qui règne d’une main de fer sur le royaume médiéval de Ünderland ou le mystérieux Phantom Limb. On voit également passer le nécromant (et voisin des Venture) Dr Byron Orpheus, spécialiste de la dramatisation toute catégorie.

Emballé dans un style graphique rappelant les années 1960-1970, avec un générique et des couvertures qui n’ont juste rien à voir avec la choucroute, The Venture Bros. est une petite merveille de décalage. Paraodie assumée des aventures d’espionnage superhéroïque de l’époque, c’est du nawak maîtrisé, avec des personnages qui sont à peu près tous l’incarnation de la lose absolue – et ceux qui ne le sont pas deviennent souvent les faire-valoir tragiques des autres boulets.

Les histoires sont généralement des successions de plans géniaux qui fonctionnent de travers, d’expéditions scientifiques ratées, de situations improbables et de cafouillages en tous genres impliquant une quantité hors statistique de bras cassés. Le tout saupoudré d’humour pas toujours très fin et de plans cul plus ou moins suggérés; la série passe certes sur cartoon Network, mais elle est soigneusement cantonnée dans la section Adult Swim (où se trouve déjà Robot Chicken, entre autres).

Mis à part son côté profondément débile assumé, elle compte des moments très drôles et quelques authentiques traits de génie, comme la conclusion de la première saison (à regarder avant d’embrayer directement sur la deuxième). Bref, ce n’est pas une série à mettre devant toutes les paires d’yeux, mais ceux qui cherchent une inspiration pour faire du super-loser (genre Marcel Super Blaireaux) y trouveront une source inépuisable d’inspiration.

Petit défaut: elle n’a, à ma connaissance, jamais été traduite en français.

The Venture Bros., saison 1 par Blog à part, troisième époque, sauf mention contraire expresse, est publié sous licence Creative Commons Attribution 3.0 Switzerland Licence.

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