« Techno Faerie », de Sara Doke

"Techno Faerie", de Sara Doke

Imaginons que, demain, on apprenne que non seulement le peuple féerique existe, mais qu’il revient parmi les hommes, avec sa propre technologie parallèle à la nôtre et des tonnes de solutions pour les problèmes de notre temps. C’est, à peu de choses près, le propos de Techno Faerie, de Sara Doke.

Dit comme ça, c’est tentant. Casse-gueule, aussi. Et, au final, le bouquin est un peu entre ces deux extrêmes: un concept très engageant, une histoire qui démarre de façon super intéressante et, au final, une impression de trop-peu et quelques frustrations y conséquentes.

C’est assez rare pour être mentionné, mais j’ai l’impression que Techno Faerie est trop court. C’est dû à plusieurs facteurs, le premier étant un découpage en chapitre presque indépendants les uns des autres et qui auraient presque pu faire l’objet d’un bouquin – ou, à tout le moins, d’une novella – à eux seuls.

La plupart de ces chapitres ont un style qui leur est propre: témoignage à la première personne, journal de bord, échange épistolaire ou article de journal. Indépendamment, ils sont très biens et même des styles qui en général ne me parlent pas – le chapitre épistolaire, par exemple – m’ont touchés.

Hélas, le tout manque quelque peu de cohérence. J’aurais espéré que le cœur de l’histoire ait été plus consistant et que ces chapitres au style différent servent d’interludes, mais ce n’est pas le cas. Là, on avance à pas de géants dans l’histoire et tant pis si les lutins restent sur le bas-côté, incapables de suivre,

Le second problème vient du fait que, sur les quelques 350 pages, le texte n’en fait guère que 200 et le reste est consacré à un « bestiaire féerique », qui certes est joli et illustré par quelques grands noms de l’illustration – Caza et Sandrine Gestin en tête – mais n’est à mon avis qu’anecdotique.

Je lis peut-être trop d’ambition dans Techno Faerie, mais j’aurais aimé vraiment lire le récit d’une révolution planétaire par la magie et les fées. Alors il y en a; « Réunion de tribu », par exemple, se rapproche beaucoup de ce que j’aimerais faire dans Progressions, mais c’est trop rare à mon goût.

Je pourrais aussi pinailler sur les typos. Il n’y en a pas beaucoup, mais j’en ai trouvé deux sur la quatrième de couverture (et une sur le nom de Robert Heinlein). Ça pique un peu.

Reste que, dans son ensemble, Techno Faerie est un bouquin très sympa à lire, avec d’excellents moments, et c’est aussi un très beau bouquin, avec une mise en page soignée et un cahier couleur richement illustré. J’en viens presque à espérer, sinon une suite, du moins d’autres développements dans cet univers, surtout au moment charnière où le monde féerique commence à avoir un impact sur l’humanité.

Les autres avis des collègues: Lune, Naufragés volontaires, Blog-o-Livre, Cédric Jeanneret, Doris.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. 15/04/2016

    […] Cédric, Lune, Julien, Doris, Alias, […]

  2. 05/01/2017

    […] Lullaby, La Croisée des Chemins, Les Étagères de Pitiponks, Bifrost, Black Wolf, Carolivre, Blog à part, Zina, Totitree, Bazar de la […]

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