« Lock In », de John Scalzi

"Lock-In", de John Scalzi

Jusqu’à présent, les romans de John Scalzi que j’ai lus oscillaient entre le très bien (Old Man’s War) et le sympa-mais-peut-mieux-faire (Redshirts). Lock In, découvert via une chronique sur le site de Lune, est un roman d’anticipation flirtant avec le transhumanisme qui se situe assez clairement dans la première catégorie.

Lock In part sur le principe d’une méchante épidémie de grippe (genre, 400 millions de morts sur la planète), qui a eu chez certains patients un effet supplémentaire: celui de les rendre prisonniers de leur propre corps, conscients mais incapables d’agir physiquement. C’est ce que l’on appelle le locked-in syndrome, en français syndrome d’enfermement; ici, on parle de Hadens, en référence au nom de la femme du président américain, victime la plus célèbre du syndrome.

Le développement d’interfaces neurales a permis à cette population « enfermée » – qui représente pas loin d’un pour-cent de la population totale des USA – de pouvoir de nouveau interagir avec le reste de la société, à travers un réseau social appelé Agora, mais aussi en se connectant à des machines – les threeps – ou même directement avec des humains spécialement formés et équipés, les Intégrateurs.

C’est dans ce futur proche que l’on va suivre Chris, un Haden qui vient d’intégrer le FBI à Washington DC. Les connexions étant souvent trans-étatiques, c’est le FBI qui s’occupe le plus souvent de crimes qui impliquent les Hadens.

Dans le cas présent, un homme retrouvé mort, comme égorgé de sa propre main, à côté d’un Intégrateur qui se trouve être le frère d’une activiste sur le point de mener une manifestation monstre contre la suspension des subsides gouvernementaux pour les Hadens. Ouais, ça a une tête d’affaire simple, tiens. Bienvenue au Bureau pour ton premier jour, petit!

Souvent, je me retrouve à lire des histoires qui se passent dans des univers bien chiadées, mais qui elles-même sont plan-plan; parfois, plus rarement, c’est le contraire. Avec Lock In, on a un peu le combo ultime: un contexte bien barré et pourtant très crédible (encore que j’aurais vu plus de paranoïa hygiéniste après une telle épidémie) et une histoire elle aussi passablement secouée.

Après, il y a deux-trois trucs un peu bizarre, comme le héros qui est fiche d’une famille ultrariche et qui, du coup, fait un peu Mary-Sue de service. Ou le cliché habituel du partenaire blasé avec des secrets obscurs et des squelettes dans le placard. Mais c’est assez mineur et ça n’ôte pas grand-chose à l’histoire.

Le côté police procedural de l’histoire est transposée de façon plutôt efficace dans ce futur proche, qui est somme toute pas mal optimiste. Les personnages ont certes un côté convenu, mais Scalzi parvient à ajouter suffisamment de viande pour qu’ils soient crédibles et intéressants. Le style est nerveux, avec Chris comme narrateur un chouïa cynique, mais novice pour ce qui est des pratiques du FBI.

Le hasard a voulu que je lise ce bouquin en parallèle avec Apex, dernier ouvrage de la trilogie Nexus, qui se trouve avoir pas mal de points communs avec la thématique de Lock In – sauf que, dans ce dernier, ce qui est un élément de décor ou, au mieux, un enjeu mineur, est le cœur de Apex. Je vous en reparlerai.

Avec à peine plus de trois cents pages au format poche, Lock In – traduit en français sous le titre Les Enfermés – est un roman très sympathique. Je le recommande à ceux qui aiment la SF format « futur proche » et qui veulent avoir un peu plus qu’un simple polar.

D’autres avis chez Balise et Lune.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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