Si la question de la création artistique et de sa place dans notre société vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de lire Chère Aurélie, la lettre ouverte de la dessinatrice Tanxxx. Cette lettre s’adresse à Aurélie Filipetti, ministre française de la culture, mais à mon avis, elle peut s’appliquer à beaucoup de pays et pas seulement à propos de la bande dessinée.

Elle pointe un sujet qui est à mon avis au cœur du problème: le fait que les dirigeants, lorsqu’il parlent « culture », ne considèrent en fait le plus que la partie industrielle de la branche: les grandes maisons d’éditions, les gros tirages, les noms qui claquent.

C’est vrai que ça fait joli sur les cartons d’invitations des sauteries ministérielles (ça, c’est l’explication gentille, celle qui évite d’utiliser des gros mots comme « lobbying », « corruption » ou « chantage à l’emploi »), mais ça limite quand même beaucoup.

C’est également à cause de la prépondérance de ce point de vue industriel dans les discours gouvernementaux que l’on a le droit au couplet sur les vilains-internautes-pirates (« pédonazis » en option) dès que l’on parle culture numérique ou partage. La doxa néo-libérale comme seul argument.

Il serait peut-être temps que Mme Filipetti et tous ses confrères et consœurs en culturitude institutionnelle se rendent compte que la culture, ce n’est pas seulement les auteurs à grand tirage, les films calibrés pour la tête du box-office et les scies semi-publicitaires qui passent en boucle à la radio.

En d’autres termes, qu’on arrête de considérer la culture d’un point de vue uniquement marchand. La culture, ce n’est pas comme la confiture.

(Photo par Andra Mihali via Flickr, sous licence Creative Commons Share-Alike.)

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