La liberté de dire des conneries

Période d’élections en France, de votations en Suisse, autant d’occasions pour les partis politiques en général, et leurs branches les plus extrémistes en particulier, d’écrire des conneries plus moins massives. L’exemple le plus grave étant sans doute notre inimitable MCG, comme on peut le voir sur cet article chez Gaël von Mêmepasmal (avertissement sans frais: ça pique le cerveau de l’intérieur et ça brûle les rétines en même temps).

Quand je lis ce genre de prose (qui a beaucoup en commun avec l’autre genre de prose), je me prends souvent à penser « c’est légal, ce genre de chose? » Je soupçonne que je ne suis pas le seul, mais ce n’est pas forcément la réflexion la plus intelligente à avoir. Surtout depuis qu’Internet a mis à la portée du plus grand nombre des outils de publication globaux.

En fait, plus le temps passe, plus je me rallie à l’opinion exprimée, entre autre, par Rick Falkvinge: il ne devrait pas à avoir de limite à la liberté d’expression, même pour les opinions les plus odieuses. Ne serait-ce que parce que s’il devait y en avoir, on peut être à peu près certains que ceux qui décideront des limites à ne pas dépasser ne seront pas du côté des humanistes bienveillants, comme est en train de le montrer brillamment l’exemple du Grand Pare-feu-Britannique.

Dans un monde parfait, les propagateurs de théories absurdes, des cris de haine irrationnels et les menteurs pathologiques qui essayent de vous vendre quelque chose devraient être traités principalement par le ridicule, la justice n’étant réservée qu’aux cas les plus graves (menaces de mort, par exemple). La différence principale entre notre monde et un monde parfait réside principalement dans l’éducation. On en revient à l’article que j’avais partagé vendredi passé: le problème de la paresse intellectuelle.

Avec la plupart des arguments extrémistes, il suffit au plus de dix minutes de recherche et de réflexion pour prouver leur absurdité, voire leur fausseté manifeste. Pourtant, des gens y croient. La plupart, parce qu’ils le veulent bien. Cela réconforte leur vision des choses et, à mon avis, c’est une attitude dont nous sommes tous coupables un jour ou l’autre (c’est d’ailleurs, si je ne me trompe, un biais cognitif connu).

Cela dit, il ne faut pas oublier que c’est une idée qui va dans les deux sens: si toutes les expressions sont admissibles, leurs critiques le sont aussi. Et, comme l’explique fort justement XKCD, la liberté d’expression ne signifie pas qu’on est obligé d’écouter ou d’héberger des idées qui nous sont odieuses.

(Image « Free Speech Fear Free » de Jason « Textfiles » Scott via Flickr, sous licence Creative Commons.)

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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