Impression

Mise en page finie et relue? Bien, il est donc temps de passer aux choses sérieuses: la publication. À l’auteur amateur s’offrent fondamentalement deux routes (qui, d’ailleurs, ne sont pas incompatibles): Internet et la version papier.

Être à la page

Soyons clair: Internet est probablement la méthode la plus simple pour publier. Il suffit d’avoir un accès Internet, un espace Web (qui est souvent gratuit, quoique pourri de bannières de pub) et un éditeur de texte. Bon, et bien sûr une connaissance non nulle du HTML.

Oui, je sais: il existe une foule de programmes – Microsoft FrontPage en tête – qui permettent de faire des pages Web sans connaître une broque de HTML. Malheureusement, il existe une foule de programmes – Microsoft FrontPage en tête – qui créent du code ignoble.

On va me répliquer que « créer du code ignoble » est encore un pinaillage de maniaque. J’aimerais bien. Croyez-moi sur parole: faire des choses sales en vitesse, c’est bien si on peut ensuite s’enfuir en courant, mais si on doit vivre avec, c’est une nettement moins bonne idée. En gros, la première fois, ça marche, mais les fois suivantes, c’est le cauchemar!

Autant faire les choses propres tout de suite: il suffit de séparer contenu et contenant. Je ne vais pas vous faire un exposé ex cathedra sur le HTML, les CSS et ce genre de choses, mais sachez que la meilleure manière est de faire comme pour la mise en page: créer un modèle dans lequel il vous suffira de placer le texte.

Le plus gros du travail consistera ensuite à convertir le texte en HTML. Là encore, si on a pris soin de suivre mes conseils du début (rappelez-vous: feuilles de style et tout le toutim), ce sera plus simple. Mais pas trivial: Word, pour ne citer que lui, est incapable de faire les choses simplement. Il va vous convertir votre texte de telle manière à dupliquer aussi toute sa mise en forme (marges et autres); il va falloir ensuite repasser derrière avec un éditeur de texte classique, pour tout nettoyer.

Le problème principal vient en fait de tous les caractères accentués présents en français. Officiellement, il faudrait convertir tous ces « é », « à » et « ç » en « é », « à » et « ç »; on appelle ça des « entités HTML ». La méthode simple consiste à déclarer dans l’intitulé de la page qu’on utilise des caractères ad hoc:

<META http-equiv= »Content-Type » content= »text/html; charset=ISO-8859-1″>

On peut mettre d’autres codes; les puristes jurent par Unicode (UTF-8), mais arrangez-vous juste pour avoir quelque chose qui puisse être reconnu par tout le monde. En parlant des tags META, c’est une bonne idée d’indiquer un résumé et des mots-clés en META, histoire que les moteurs de recherche puissent plus facilement indexer les pages.

Si vous voulez vraiment faire votre cacou, passez vos pages dans les validateurs HTML de la W3C (www.w3c.org), l’organisme en charge des standards du Web. Ce n’est pas évident, mais ça vaut plein de geek points.

CMS mon amour

Bon, tout le texte précédent, ça fait très XXe siècle. Il existe maintenant une bonne quantité de programmes que l’on appelle CMS, pour Content-Management Systems (systèmes de gestion de contenu), dont le but est précisément d’éviter à celui qui préfère se concentrer sur le contenu d’échapper aux affres des acronymes barbares ci-dessus. Un blog est un bon exemple de site créé par un CMS.

L’avantage est qu’une fois qu’on a choisi un CMS et un thème, il ne reste plus qu’à ajouter le contenu et on a un site qui ressemble à quelque chose de pro. Bon, ça dépend des thèmes, mais si vous aimez les licornes roses en GIF animé et les étoiles qui clignotent dans le fond, je ne peux rien pour vous. Le défaut est que soit on choisit une solution hébergée, genre Blogger ou WordPress.com et on a un contrôle limité sur les options (et on a droit à des pubs), soit on installe le bazar sur son hébergement à soi et on doit se taper toute la configuration.

Arrête de faire l’acrobate!

S’il est vrai qu’on peut publier son texte sur Internet en format Word, RTF, HTML ou même texte pur, si on a pris le temps de faire de la mise en page, autant y aller plein pot et faire un PDF.

Le PDF (pour Portable Document Format), est aussi appelé « format Acrobat », simplement parce qu’on se sert le plus souvent du programme Adobe Acrobat pour le créer. Ce n’est pas la seule manière: il existe plusieurs autres solutions pour cracher du PDF, certaines gratuites, la plupart en tous cas moins chère qu’une version complète d’Acrobat…

L’avantage du PDF est que c’est un format qui, correctement réglé, préserve complètement l’apparence d’un document (mise en page, images, polices de caractère), tout en le rendant accessible pour la multitude (le lecteur est gratuit), et ce avec un « poids » raisonnable. L’autre avantage du format, c’est qu’en lieu et place de la multitude de fichiers (texte, image, mise en page, polices), tout tient en un seul paquet. Les imprimeurs l’ont bien compris et, de plus en plus souvent, l’utilisent comme format de travail.

On peut y adjoindre des signets (bookmarks; pour aller vers d’autres documents ou des sites Web), une table des matières et on peut bloquer certaines des ses fonctions (impression, copie, etc.) avec un mot de passe (pratique dans une idée bassement mercantile: le client peut télécharger le document gratos, mais doit payer pour le mot de passe permettant de l’imprimer).

L’imprimeur est votre ami

Si vous avez décider de vous lancer dans l’édition papier, le conseil principal à se rappeler, c’est: « Faites confiance aux professionnels! » En d’autres termes, mieux vaut prendre contact avec un imprimeur (pour commencer), et ce le plus vite possible. Techniquement, ce serait même la première chose à faire, ne serait-ce que pour savoir 1) combien ça coûte et 2) ce dont il aura besoin pour imprimer votre Œuvre.

En règle générale, un imprimeur est un individu de bon conseil. Le papier, il en mange tous les jours; les mises en page immondes, avec des formats abscons et des indications approximatives, il en voit passer des douzaines. Cela signifie qu’il sait ce qu’il ne faut pas faire et qu’il sera votre meilleur pote si vous lui fournissez un produit décent. La plupart ont aussi une certaine fierté professionnelle qui fait qu’ils n’hésiteront pas à vous donner ces conseils judicieux – surtout si ça peut leur faciliter la vie.

Bref, prenez contact avec un imprimeur. N’hésitez pas à être franc avec lui: on est entre pros. Dites-lui que vous avec un budget de tant, que vous aimeriez sortir un produit avec tant de pages intérieures, avec une couverture comme ça et comme ça, à N exemplaires; prenez des exemples. S’il n’éclate pas de rire, c’est bien engagé. La rencontre avec l’imprimeur, c’est un peu le crash-test du projet: c’est là qu’on voit ce qui est possible et ce qui ne l’est pas.

Si possible, contactez un des grands imprimeurs de la place. Un des principes de l’imprimerie – comme d’une grande partie de l’économie en général, d’ailleurs – c’est que plus c’est gros, moins ça coûte (à l’unité, donc). De plus, il y a des chances que cette grosse entreprise maîtrise plusieurs méthodes d’impression – numérique, photocopie, offset direct, etc. – dont une serait particulièrement avantageuse pour votre projet.

Dans tous les cas, demandez un devis écrit et précis et évitez de finaliser (= signer) quoi que ce soit tout de suite.

Une fois ce premier entretien passé, c’est le moment d’endosser le costard du gros ultralibéral mesquin et faire jouer la concurrence. Contactez les autres imprimeurs de la place et, sur la base du devis réalisé par le premier imprimeur, faites une demande de devis pour exactement la même chose; reprenez les termes techniques au mot près, c’est important si on veut comparer ce qui est comparable. Vous seriez surpris des différences qui peuvent apparaître.

Une petite remarque, cependant: ce n’est pas parce qu’un imprimeur n’est pas compétitif pour imprimer, disons, un ouvrage de 256 pages, couverture cartonné, qu’il ne sera pas intéressant pour un autre projet – genre, le paravent du MJ ou un supplément 32 pages couleur. Donc, une fois les devis envoyés (et reçus), gardez précieusement les contacts ainsi faits. Notez le temps de réponse et quelques remarques, s’il y a lieu; faites-vous un petit dossier. Ça peut toujours servir plus tard.

Dernière vérification avant la fin du monde

Normalement, dans tout processus d’impression, une fois les documents remis à l’imprimeur, vous allez recevoir un « bon à tirer » à signer. Il s’agit d’une épreuve finale du document, souvent de faible qualité, mais qui sert principalement à vérifier si rien n’a disparu entre deux stades de la conception du bidule.

Méfiez-vous: le « bon à tirer » a souvent valeur de contrat, en ce sens qu’il libère l’imprimeur de sa responsabilité. En d’autres termes, s’il y a une couille dans le bon à tirer et que vous ne le signalez/corrigez pas, c’est pour votre pomme! Il vaut mieux donc y regarder à deux fois avant de signer. De plus, si vous demandez à l’imprimeur de faire les corrections, il risque de vous compter le temps de travail (et le temps d’un imprimeur, c’est précieux!).

Cela dit, n’allez pas chercher la moindre tournure de phrase, le moindre millimètre de décalage dans un bon à tirer. Concentrez-vous sur les choses importantes: les typos majeures (dans un titre), les « voir page XX » qui ont survécu, les disparitions de lignes (dans les tableaux, notamment) et les pages en trop.

Il est aussi préférable, si possible, de passer auprès de l’imprimeur lors de la sortie des premiers exemplaires pour vérifier s’il n’y a pas une crasse de dernière minute.

Et une palette, une!

Une fois votre Œuvre imprimée, vous risquez une dernière mauvaise surprise: la livraison. Pas tant au niveau financier (les imprimeurs locaux livrent souvent gratis dans un rayon raisonnable, mais c’est une bonne idée de poser la question avant – dans le devis, par exemple), mais au niveau de la place. Le papier, c’est lourd et c’est volumineux. Mieux vaut penser au préalable à l’endroit où vous aller entreposer vos cartons.

Privilégiez un endroit sec (ça va sans dire, mais ça va encore mieux en le disant) et à l’abri des rongeurs, raisonnablement facile d’accès (pas au grenier) et, s’il y a lieu, avec des étagères solides. Encore une évidence, mais mieux vaut faire attention à toutes les sources potentielles d’incendie (système électrique, cheminée, etc.).

Enfin, une excellente idée est de garder un inventaire; deux, même: un dans le lieu d’entreposage, où vous décompterez simplement le nombre d’exemplaires restants, et un second plus détaillé (une base de donnée ou même une simple feuille Excel sur votre ordinateur, par exemple), où vous indiquerez quel exemplaire est parti où.

Comptez un nombre raisonnable d’exemplaires gratuits pour les contributeurs, la famille, les amis et pour la promotion.

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