Fragments d’éternité: fragment premier

Avec le temps, Loo-Luna s’était bien aperçue qu’il n’y avait aucun rapport entre celle qui avait été successivement sa fille, puis son amante privilégiée et la petite Alphanne qu’elle avait sauvé des griffes de Déesse-sait-qui il n’y avait pas si longtemps.

Ou peut-être y avait-il une ressemblance entre les deux, mais celle-ci ne passait pas le stade de la comparaison entre une oeuvre d’art composée de main de maître et son reflet dans une glace déformante. Elle avait d’ailleurs du mal à imaginer l’archétype du constructeur de la glace en question.

Pour ainsi dire, passées les premières impressions avec la « petite » (et une vague impression d’affection remanante, difficile à expliquer) elle s’était aperçue à quel point son esprit lui paraissait incompréhensible et si semblable à ces jeux de réflexion consistant à reconstituer un objet précis à partir d’éléments disparates.

Kyoshi était bien cela pour elle, une jeune fille assez mignonne à l’esprit et au karma aussi chamboulés que cela pouvait être. Cependant, elle ressemblait presque à s’y méprendre à sa fille et avait su réveiller en elle un instinct de vie, une envie qu’elle avait cru morte à partir du moment où on l’avait extraite de cet antique caisson d’hibernation.

Et avant de partir, Loo eut envie de faire quelque chose pour elle. Elles avaient passé deux soirées entières à tout apprendre l’une de l’autre. Durant la première journée, elles s’étaient racontées l’une à l’autre – »un jeu destiné à nous préparer à cette nuit » avait dit Loo à l’Alphane — et l’Areylwen avait ressenti son appréhension, appréhendé les moments de doute et de méfiance et compris derrière les moues et les grimaces quelles choses elles voulaient cacher. Et Kyoshi avait beaucoup de choses à cacher…

Durant la nuit et la journée qui avait suivi, elles s’étaient livrées l’une à l’autre en des jeux beaucoup moins sages, et Loo avait enfin ressenti une impression qu’elle avait oublié depuis longtemps; et un instant elle avait même cru sentir l’odeur d’Inithil sur sa peau. Elle avait peut-être même dû verser une larme à ce moment précis, mais les lèvres de son amante descendant le long de ses cuisses l’avaient vite forcée à ravaler sa nostalgie.

La suite avait tenu autant du combat que de la partie fine: afin d’accroître peut-être le plaisir qu’elles pouvaient ressentir ensemble, Kyoshi avait instinctivement (?) tenté de pénetrer dans l’esprit de sa compagne. Ce moment avait été assez gênant pour cette dernière, d’ailleurs, car des millénaires de sommeil forcé avaient en quelque sorte « congelé » une partie de son cerveau et elle avait encore aujourd’hui du mal à réveiller tout cela. Cependant, elle avait réussi et n’avait manifestement livré à l’Alphane que ce qu’elle voulait.

La scène n’avait duré qu’un instant, mais Loo en avait cependant profité pour regarder au fond de l’âme de Kyoshi. Profitant de l’instant où le bouclier s’était imperceptiblement abaissé, elle avait projeté sa conscience et avait perçu ce qu’elle voulait voir; et le résultat ne lui avait pas plu.

Désormais, la jeune fille dormait tout prêt d’elle, et serrait son oreiller comme elle avait vu tant de jeunes filles le faire auprès d’elle dans le passé. Un léger sourire éclairait son visage, et elle reposait dans une position qui n’était pas sans rappeler celle d’un chat. En temps normal, Loo n’était pas dupe, elle savait qu’à la moindre alerte Kyoshi se serait réveillée et aurait été prête à se défendre. C’est pourquoi, prétextant quelque nouveau massage relaxant, elle avait appliqué sur elle les plus profondes techniques de relaxation qu’elle connaissait, de celles qu’à l’époque on n’utilisait « que pour endormir profondément un client avant de le plumer ». Et désormais elle dormait comme une bienheureuse, d’un sommeil qu’elle n’avait sûrement pas pu de permettre depuis bien longtemps.

Et la regardant encore une fois, Loo ne put qu’apprécier ce sourire si enfantin, presque angélique, et elle voulut réellement la remercier de ce qu’elle avait fait pour elle…

… et refermant une fois encore ses yeux, elle laissa son esprit plonger.


La lumière décrut. Un instant, Loo-Luna crut qu’il ne s’était rien passé.

Kyoshi et elle étaient toujours dans le grand lit de cet hôtel de Copacabana, enlacées. Puis le décor commença à se dissoudre. Elle retrouva des sensations qu’elles croyaient oubliées depuis des années. Une éternité faite de glace et d’un sommeil sans rêves. Un instant — fugace — elle tint Inithil dans ses bras; elle retrouva la chaleur et l’odeur de sa peau. Mais elle disparut, elle aussi.

Loo-Luna faillit pleurer.

Elle regarda autour d’elle. Il lui fallut quelques instants pour sortir de son introspection et repartir. Elle ouvrit la porte et se retrouva dans la Ville.

Pour une Eylwen, être brutalement transposée du confort d’une chambre d’hôtel aux rues les plus délabrées de Los Angeles était un choc. Enfin, Loo-Luna ne savait pas qu’il s’agissait de Los Angeles. Elle voyait plutôt dans ses rues étroites aux hauts murs, sales et partiellement en ruine, une version contemporaine des Légendes qu’on lui racontait étant enfant. Les palais-nécropoles des Seigneurs Noirs, leurs repaires sous les montagnes, loin de la lumière du soleil. Seulement — elle le savait pour l’avoir vu de ses yeux — il n’y avait jamais eu de Seigneurs Noirs.

La combinaison des légendes passées et de leur dénégation fit frissoner Loo-Luna, encore plus peut-être que l’ambiance morbide des rues de la Ville.

Elle marchait sans voir le paysage. Elle le ressentait. Et elle ressentit l’immense vague de désespoir. Une jeune très fille aux cheveux curieusement colorés et à la tenue pour le moins bigarrée se tenait quelques mètres devant elle, presque une enfant.

Elle s’approcha, distingua les deux yeux magenta et reconnut Kyoshi. Elle ne la voyait pas, mais pleurait de rage et de tristesse, en regardant au loin une vague ombre que Loo-Luna peinait à distinguer. En un instant, elle se redressa, hurla une imprécation qui demeura incompréhensible à l’Eylwen. L’instant d’après, sa haine déchira l’horizon.

Comme si l’enfant avait réellement déchiré la trame de l’espace, elle et Loo se retrouvèrent dans un jardin. Calme et ordonné. Il y avait là un autre enfant humain, et un personnage plus grand, plus âgé. Le maître et ses élèves. Mais aussi le père et ses enfants.

Loo ressentit tout ça, à travers ses yeux et l’esprit de Kyoshi. Une partie d’elle-même était mal à l’aise. Elle avait l’impression de ne pas être à sa place, d’empiéter sur quelque chose de sacré.

Le malaise croissait au fur et à mesure qu’un crépuscule glauque tombait sur le jardin. Kyoshi paraissait troublée, elle aussi, et le jeune garçon semblait s’évanouir doucement. Tel un fantôme. Ou un souvenir.

Il disparut tout à fait, et le vieil homme — il paraissaît d’un coup vieux et las — se leva et partit, laissant Kyoshi et Loo-Luna seules. La Terrienne se leva, semblant humer l’air. Elle se tourna brutalement vers Loo-Luna et lui cria:

– « Qui es-tu? Que fais-tu là? »

Loo-Luna, surprise, ne sut que répondre. Elle lut de la peur dans les yeux de Kyoshi, une peur qui rapidement se mua en haine.

En un instant, elle était sur elle, physiquement et psychiquement.

La réalité eut comme un hoquet.


Kyoshi perçut l’Intrusion. Elle lui parut vaguement familière, amicale. Elle pensa furtivement à sa « soeur » Bastet. Mais l’Intrusion garda ses distances. Ce n’était pas Bastet.

Sa réaction fut instinctive et brutale. Elle attaqua et, à sa grande surprise, ne rencontra aucune défense. Elle passa de l’autre côté du miroir.

C’était une grande plaine. Ou plutôt un haut plateau, pris par les neiges hivernales. Plusieurs milliers de personnes étaient alignées, engoncées dans des fourrures, portant de maigres paquetages. Des réfugiés. Autour d’eux, des soldats. Rien dans leurs tenues et leur équipement n’était familier. Leurs armes semblaient grossières, leurs armures guère plus sophistiquées que les cuirasses des temps anciens.

Et il y avait ce grand cercle. Cent quarante-quatre pierres — elle le sut sans les compter — tournées vers les étoiles. La neige tombait dru et pourtant la grande surface de marbre tracée de figures d’argent était dégagée.

Elle assista un instant à l’incroyable ballet des familles qui entraient dans le cercle et y disparaissaient. Beam me up, Scotty… Enfoncé, l’Entreprise! D’autant plus, songea-t-elle, que les gens alentours avaient plus d’affinités avec Monsieur Spock qu’avec le technicien braillard. Mais bien vite, son attention se focalisa sur une autre scène.

Loo-Luna était au bord du cercle; elle semblait en transe. Derrière elle, une silhouette massive, engoncée dans une fourrure d’ours blanc, la couvait du regard. À sa droite, une jeune fille aux traits eyldarin et qui ressemblait étonnament à Loo-Luna était elle aussi en transe, et à sa gauche, elle vit un autre visage. Le sien.

Image fugace, mais bien vite corrigée. L’Eylwen aurait rendu au moins une tête et demie à Kyoshi, ce qui n’était pas si dur. Ses cheveux étaient blonds. Et, somme toute, elle n’avait pas grand-chose de la morphologie d’une japonaise. Kyoshi s’interrogea et la situation historique lui revint en tête comme un coup de poing.

Mais la scène changea et Kyoshi, fascinée, ne put rien faire d’autre que suivre, même si toute sa psyché d’enfant des rues hurlait au guet-apens.

La nuit était tombée. Les derniers soldats étaient eux aussi entrés dans le cercle, et il ne restait que les quatre figures. Ils regardèrent longuement et tristement autour d’eux, le paysage de glaces, puis entrèrent à leur tour. Les ténèbres devinrent complètes.

Kyoshi revit brièvement Loo-Luna et l’étrange jeune Eylwen. Elle l’avait quasiment tout de suite cataloguée « étrange »; elle ne savait trop pourquoi. Elles étaient enlacées en un moment de tendresse qui, pour être bref, n’en sembla pas moins intense à l’Américaine.

Puis la nuit se referma une fois de plus et Kyoshi tomba.


Loo-Luna avait laissé Kyoshi entrer en elle. D’ailleurs, avait-elle eu le choix? L’Humaine était très puissante, pous son jeune âge. Un peu comme Inithil…

À l’évocation de ce nom, Loo-Luna flotta un instant dans l’univers, se laissant porter par les courants.

Elle revint à elle. Vit Kyoshi s’approcher dangereusement de ces zones de l’esprit où, selon les anciens, l’âme réside. Elle jeta ses forces psychiques en avant, comme une couverture, un filet ou les bras d’une amante. Un peu des trois, sans doute.

Les mailles du filet se refermèrent autour de Kyoshi. Au contact de sa peau, elles se transformèrent. Devinrent une tenue invraisemblable, un harnachement de cuir et de métal, rehaussé de pierreries, une tenue qui éveillait à la fois chez l’Eylwen, habituée à des jeux plus doux, une pulsion d’horreur et un fort sentiment érotique.

Loo-Luna recula.

De la tenue, plusieurs chaînes se tendirent, d’abord dans le vide, puis pour rejoindre une autre jeune humaine, vêtue d’une tenue identique. On aurait dit la soeur jumelle de Kyoshi.

Loo-Luna recula encore. L’atmosphère était terriblement tendue. Malsaine, palpablement malsaine.

Tout retomba d’un coup.


Le choc propulsa Kyoshi contre la paroi.

Des gens couraient dans les coursives. Peur. Panique.

Le vaisseau venait d’être heurté par un nuage de micro-météorites. C’était un vaisseau spatial, mais cela, seule une intuition pouvait le dire à Kyoshi, tant, le décor était éloigné de sa conception de vaisseau spatial.

Elle vit la foule de gens affolés se placer dans les grandes capsules de survie. Elle se prit à les comparer à ces réfrigérateurs du vingtième siècle. Elle déambulait comme une droguée au milieu des naufragés, dans des couloirs éclairés que par des lampes portatives. Elle vit l’humain à l’air royal — là encore, plus une intuition qu’autre chose — aider Loo-Luna et les deux autres filles; elle capta au vol deux noms: Inithil, Celebrin.

Et soudain, elle fut elle-même dans un de ces caissons. La porte se referma, et avec elles vint la nuit et le Sommeil.


Le soleil effleura le lit. Il faisait jour, et frais.

Quarante étage plus bas, le concerto pour klaxons et autoradios commençait avec la journée.

Loo-Luna de Lleniel Canadean regarda Kyoshi Kerensky. Elle dormait comme une bienheureuse. Loo-Luna se sentait triste, confuse, et un peu honteuse aussi. Comment avait-elle pu faire ça à une amie?

Elle avait réagi comme une gamine: elle avait cassé son jouet en voulant voir comment il fonctionne. Non, la comparaison était idiote; Kyoshi n’était pas un jouet. Mais le sentiment était là. Un profond dégoût de soi-même. Elle ramassa ses affaires et s’en alla.


Ce que je sais désormais, je ne le comprend pas. Des tous mes voyages, de toutes les visions et les rencontres que le destin a pu placer devant moi, celui-ci est le plus étrange, le plus fou… et le plus inexplicable.

Que doit penser celui qui apprend un jour ce que furent les derniers instants des Eyldar, quand Arda est devenue une boule de glace parcourue de tempêtes de neige, il y a douze mille ans, avant de devenir la Terre. Ma Terre. Celle que je connais, et, que je l’aime ou que je la déteste, celle qui est Mon Monde.

Mais ce que je sais, c’est la tristesse de ceux qui ont quittés leur monde, et ont été se perdre tellement loin que des scientifiques s’usent l’esprit à le chiffrer… Ce que je revois, c’est tous ces gens — hommes, femmes et enfants — entrant dans un cercle de pierre dressé pour les Arcanes, et peut-être même par eux, pour disparaitre dans le néant, dans ce noir où mon esprit s’est arrété. Et les derniers… amants, amis et famille de Loo-Luna de Lleniel Canadean, Reine d’un royaume féerique qui se nommait Bellissandre, et dont je ne saurai même pas dire si, quelque part, il en reste un rocher, une pierre… Une trace.

Ce que je sais, c’est que ces derniers instants sont le desespoir de Loo-Luna, sa dernière minute de vie, le dernier instant où elle pouvait encore savoir pourquoi elle vivait, tandis que sa suite, ses amis, son peuple était aspirée par un porte sur les étoile. Et cet amour immense pour cette jeune fille qui me ressemble tant alors qu’elle n’est rien de moi, avant que, la main dans la main, elles n’entrent dans la Nuit.

Et que tout s’arrète, pour une éternité de solitude.

Ce que je sais, c’est ce qu’il reste, maintenant. Dix mille ans de nuit, de sommeil, avant d’ouvrir les yeux sur mon Monde, et de s’apercevoir qu’elle n’existe nulle part, que son nom même est oublié, que ce en quoi elle croyait n’existe plus. Et que la Terre est une boule de suif et de goudron, patrie des hommes, poubelle qu’ils ont alimentée depuis le jour où ils ont retrouvé le feu et le fer.

Ce que je suis à cette seconde où encore elle dort, une nuit après ce « voyage », j’en ai honte. Parce que je porte tout ce qui l’isole du présent.

Et savoir que malgré cela, elle arrive encore à vivre, et continuer à croire qu’elle a une place dans notre réalité à tous. Alors que la sienne a cessé il y a douze mille ans. Pourquoi tout le monde a ainsi oublié, pourquoi les Eyldar ont ainsi renoncé à leur passé?

Songer à mes préoccupations devient tellement futile alors…

… Loo, qu’est-ce qui peut bien rester de ton passé?… Qu’est-ce qui peut bien avoir échappé à tant de millénaires, tant de temps que je n’arrive même pas à le concevoir en terme de vies.

Si j’avais un espoir, rien qu’un espoir de retrouver quelque chose, quelque chose qui y a échappé.

Enfin, Loo Luna, malgré tout cela, je t’envie. Parce que tu aura le temps de trouver réponse à toutes ces questions, toi. Moi, la vieillesse viendra bien avant. Je t’envie, parce que jamais je ne pourrai imaginer pouvoir aimer quelqu’un, et savoir que cet amour peut être immortel. Je t’envie parce que moi, je mourrai.

Et, bien sûr… je te perdrais…


Le hall central du starport l’écrasa encore plus par son monumentalisme. Elle avait bu et mangé quelque chose qui ne lui avait laissé aucun souvenir. Elle se sentait la tête vide et le corps lourd.

Un haut parleur annonça l’embarquement imminent du vol pour Alenia, avec correspondances pour toute la République Eyldarin. Elle se leva, ramassa la besace qui contenait ses maigres affaires et se résigna à avancer.

– « Alors, on part sans dire au revoir? »

Loo-Luna se retourna.

Derrière les lunettes de soleil et le large sourire, il y avait Kyoshi. Elle s’avanca vers l’Eylwen, qui au même moment se sentait comme paralysée par la surprise et la honte. La jeune terrienne dut se dresser sur la pointe de ses escarpins pour laisser ses lèvres effleurer les siennes.

– « Kyoshi, je… excuse-moi, mais… », bafouilla Loo-Luna.

– « De quoi donc? D’être curieuse?… »

Loo-Luna hocha la tête, avala sa salive. Kyoshi se rapprocha encore. Elle se fit moqueuse: « Tu crois que je ne t’avais pas vu venir avec tes feintes à deux cruzados? » Puis, plus tendre: « Si je ne l’avais pas voulu, tu ne serais allée nulle part. »

Il y avait une lueur dans les yeux de Kyoshi, par-dessus les verres fumés, qui soutint le regard de Loo. L’Eylwen avala sa salive et se sentiment curieusement rasserenée par le défi implicite.

– « Tu… ne m’en veux pas… »

Kyoshi fit une vague moue. « Si, un peu. Pour la méthode… Cela dit, si tu m’avais demandé gentiment, j’aurais probablement dit non. Oh, et puis maintenant, c’est moi qui me pose des questions… Sur toi. »

En fait, Loo-Luna s’en posait toujours sur Kyoshi: son escapade mentale avait ouvert quelques portes, mais beaucoup donnaient sur d’autres portes. D’un autre côté, elle n’était pas prête à recommencer…

– « On se reverra bientôt pour en rediscuter, tu veux bien? »

– « Hmm… Bientôt terrien ou bientôt eyldarin?… »

L’Eylwen éclata de rire. « Bientôt terrien, bien sûr. »

Elle embrassa longuement son amie. Suffisament longuement pour que le haut parleur annonce le dernier appel pour l’embarquement…

– « À bientôt, Loo-Luna. Prend soin de toi. »

– « Tu restes dans mon coeur, Kyoshi. Que la Déesse te garde! »

La déesse? Kyoshi se demanda bien de quoi elle voulait parler.

Allongée sur le vaste lit de sa cabine, Loo-Luna écoutait sans les entendre les consignes de l’équipage. Son esprit était ailleurs. Près d’une jeune Humaine — ou Alphanne, comme elle se caractérisait. Dont l’esprit était principalement l’aboutissement de quelques dizaines de lieni d’une culture qui lui était plus étrangère encore que la nouvelle culture eyldarin.

Un dirigeant eyldarin avait dit: « Les Humains ne changeront jamais: ils changent tout le temps. » (NdT: ça perd beaucoup à la traduction…). Loo-Luna sourit à la boutade.

Fragments d’éternité: fragment premier par Blog à part, troisième époque, sauf mention contraire expresse, est publié sous licence Creative Commons Attribution 3.0 Switzerland Licence.

Commentaires

Add Comment Register



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

CommentLuv badge

Loading Facebook Comments ...

No Trackbacks.