« Embassytown », de China Miéville

"Embrassytown", de China Miéville

Comment aurais-je pu résister? Un roman de science-fiction signé par China Miéville qui parle de choc culturel entre Terriens et extra-terrestres et recommandé par Gromovar, en sus. Pourtant, au final, je ne peux m’empêcher de penser que Embassytown est un peu décevant.

L’histoire suit Avice Benner Cho, jeune femme née sur Embassytown, un monde au bord de l’univers connu où les colons terriens sont tolérés par les très étranges Ariekei, un peuple dont le langage tient lieu de pensée. La cohabitation est bizarre, mais amicale – jusqu’au moment où la puissance politique locale envoie une nouvelle génération d’Ambassadeurs pour reprendre la colonie en main.

L’idée est intrigante et China Miéville excelle dans la description de cette société au bord du gouffre – physiquement comme culturellement. Le problème est double: d’une part, une société tellement autre qu’elle en devient incompréhensible et, d’autre part, un rythme lent, qui ne s’accélère que vers la fin, mais qui surtout est très difficile au début. J’ai eu plus de mal à le commencer qu’à le finir.

Je crois que le vrai problème est que j’attendais de ce bouquin une récidive de The City & The City et j’ai plutôt eu un Perdido Street Station mâtiné de Firefly, avec beaucoup de concepts qui font mal à la tête. Un peu tous les éléments intéressants sont là, mais il manque à Embassytown une sorte d’alchimie qui les rendraient digestible par le commun des mortels.

Par contre, il y a un vrai travail d’écriture et de structure dans cet ouvrage. Les jeux typographiques sur le langage des Ariekei sont assez fascinants. Quelque part, ça rajoute presque à la frustration que j’ai ressentie: j’ai l’impression d’être passé à côté d’un truc génial, sans trop savoir si c’est de ma faute ou de celle de l’auteur.

Je ne vais donc pas vous recommander inconditionnellement la lecture de Embassytown. C’est un bouquin qui mérite qu’on lui consacre du temps de cerveau disponible – et, même ainsi, il n’est pas dit qu’il vous récompense en retour, si j’en juge par mon expérience personnelle. Cela dit, dans la catégorie science-fiction de haut niveau, il a largement sa place.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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4 réponses

  1. Roboduck dit :

    Merci pour cet avis. De toute façon, je suis trop fan de Miéville pour ne pas le lire à l’occasion. Pour l’instant, je retrouve New Crobuzon en m’attaqant à Iron Council.
    Article récent signé Roboduck: Cyberabad DaysMy Profile

  2. Gromovar dit :

    Dommage. Je te présente toutes mes confuses.
    Article récent signé Gromovar: Lou ravi espacial au CongoMy Profile

    • Alias dit :

      Il n’y a vraiment pas de quoi.

      Si c’est de la faute de quelqu’un, c’est plutôt celle de l’auteur (peut-être) ou moi (plus probablement), ou les deux (certainement).

      Je pense que je l’aurais lu même sans ton avis positif, mais peut-être plus tard – et ça n’aurait pas changé grand-chose à mon ressenti.

  1. 20/11/2015

    […] Cédric, Gromovar, Lorhkan, Lelf, Alias, […]

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