**Tu es sûre que tu sais piloter ce truc?**, demanda une Loo-Luna absolument pas rassurée.
**T’inquiètes pas, je maîtrise la situation!**
En ce qui concerne les communications télépathiques, Loo-Luna avait un certain kilométrage. Elle savait donc que les non-réponses était le meilleur moyen de mentir sans que ça se voie trop. Elle se douta qu’elle était donc en présence de ce que Kyoshi appelait une « feinte à dix cruzados ». Ce qui ne la rassura pas.
Il y avait de quoi ne pas être rassurée! La gravbike était lancée à une vitesse peu raisonnable sur la grande autoroute qui menait à Stairway to Heaven. Même à minuit, le trafic était plus que conséquent, et composé de véhicules dont la taille oscillait, du point de vue de l’Eylwen, entre « très grand » et « cyclopéen ».
Et pour tout dire, Kyoshi n’en menait guère plus large, et faisait presque plus d’efforts pour que ça ne se voit pas que pour maîtriser le monstre. Ses compétences en matière de pilotage se limitaient à la version roulante, pas à l’antigravité. Elle avait déjà fait joujou avec une gravbike, principalement parce que Rogiero — l’original, pas l’ego de son ordinateur — en avait eu une, un temps. Une moto, c’est déjà casse-gueule, mais si on rajoute un troisième degré de liberté, c’est à la limite du gérable.
Quoi qu’il en soit, le duo infernal — ainsi motorisé — gagnait du terrain sur la limousine et, malgré de nombreuses tentatives, n’avait pas encore été embouti par un hovertruck taquin et/ou inattentif.
**Et qu’est-ce qu’on fait quand on le rattrappe?**
Kyoshi dut s’avouer qu’elle n’avait pas encore réfléchi à la question. La suite des événements lui accorda un répit: la limousine déboîta brutalement vers les files intérieures, tout en gagnant de la vitesse. Soit l’Excellence avait décidé de se presser, soit elles étaient repérées; Kyoshi opta pour la seconde solution.
L’autoroute venait de s’engager sur le gigantesque pont menant à l’île et au terminal spatial. Kyoshi prit sèchement de l’altitude, arrachant un cri à Loo-Luna, qui ressserra son étreinte autour de la taille de sa compagne. Ignorant les hurlements hystériques du radar de trafic, elle décrocha des couloirs aériens et, filant au-dessus des flots, donna des gaz pour arriver à la hauteur de leur objectif.
**Tiens les commandes!**, ordonna Kyoshi à Loo-Luna.
**Quoi??? Mais tu es dingue! Je ne sais pas piloter ce truc, moi…**
**Contente-toi de les tenir et de ne pas bouger, j’en ai pour trois secondes.**
Loo-Luna s’exécuta en s’abstenant de lui dire qu’elle avait une assez bonne expérience des catastrophes qui peuvent se passer en trois secondes. Elle attrappa les commandes de l’engin et, s’efforçant de penser à autre chose, bloqua ses bras.
L’Alphanne ramena son sac à main par devant elle et en extirpa son revolver. La limousine était propulsée par un moteur électrique classique, elle visa donc l’avant, entre la roue et l’habitacle.
La première balle fit exploser quelques centimètres cube de béton; comme dirait un certain agent du FBI, c’est très difficile de toucher les roues d’un véhicule en mouvement.
La seconde frappa la limousine exactement à l’endroit voulu par Kyoshi. Le véhicule décrivit une légère embardée et poursuivit sa route comme si de rien n’était. Kyoshi n’eut cependant pas le temps d’en être vexée, car un torse humanoïde apparut d’une trappe au-dessus de la place passager et, l’instant d’après une volée de torpilles guidées par laser encadrèrent la gravbike.
Les deux filles hurlèrent de concert. Kyoshi s’empara derechef des commandes, écrasant quelque peu au passage les doigts de Loo-Luna, et fit plonger la moto antigravité au ras de la mer.
**Bon, et maintenant?…** Il y avait un soupçon de reproche — quasi-maternel — dans la voix mentale de l’Eylwen.
**Je ne pouvais pas prévoir qu’il avait un tel blindage, ce truc… Il n’y a guère que les Soviets ou les mafieux qui protègent leur voiture avec un blindage de char d’assaut.**
**Ce n’est pas ce que je t’ai demandé.**
**Euh oui… je ne sais pas. On peut tenter un autre passage.**
**Pour qu’ils nous touchent cette fois-ci? Merci bien! J’ai une autre idée.** Elle l’exposa. Kyoshi se dit que, soit elle était déjà cinglée avant, soit elle avait appris depuis.
Benito scrutait le parapet avec ses lunettes à amplificateur de lumière. Dans son oreillette, la voix de l’ambassadeur s’impatientait.
– « Alors vous les avez eues? »
– « Négatif, je ne les ai pas touchées. Elles se sont peut-être écrasées toutes seules… »
– « Négatif! », répondit Gottfried, le chauffeur. « J’ai encore leur écho sur le TR; elles nous dépassent. »
Benito rigola: « Elles ne vont quand même pas tenter de faire un rempart de leur corps? »
– « Si c’était le cas, » interrompit Von Aa, « vous ne vous arrêtez pas, compris? Elles ont tiré les premières, nous sommes en état de légitime défense. »
– « Bien reçu, Monsieur. »
Le garde du corps soupira. C’était légalement très discutable, mais il avait appris à ne pas discuter, d’une part avec ses supérieurs, d’autre part avec des gens qui se trimbalent avec un AMAG 20 mm. dans leur sac à main…
Une centaine de mètres plus loin, il vit brusquement la gravbike surgir de sous le pont. Il régla rapidement le zoom de ses lunettes et put voir distinctement la passagère faire un mouvement rapide avec ce qui semblait être une épée, au moment où elles passaient à côté d’un des lampadaires de l’autoroute.
Il y eut un bref éclair. Benito comprit, mais refusa une demi-seconde de l’admettre. Il cria, mais il était trop tard.
Gottfried était chauffeur pour la Confédération depuis près de vingt-cinq ans. Il avait servi auprès d’huiles militaires de la Force d’Interposition sur Trian, ainsi que pour des dignitaires locaux en Russie et en Ukraine, et même pour l’Ambassadeur européen au Texas. C’est dire s’il avait une certaine connaissance de son métier. Toutefois, le coup du lampadaire, on ne le lui avait jamais fait, si bien que c’est plus par surprise que par manque de professionalisme qu’il freina.
Le long poteau de métal s’abattit pile en travers du capot de la voiture, enfonçant le pare-brise et surtout brisant net une des roues. La limousine s’arrêta dans un fracas de métal tordu, de plastique compressé, de mécanique torturée et de pneumatiques. Derrière elle, le trafic s’égaya un peu dans tous les sens, ajoutant à la confusion.
Kyoshi posa tant bien que mal la gravbike au milieu du chaos ambiant. Un hovertruck s’était vautré dans le parapet de béton et plusieurs autres véhicules s’étaient encastrés dedans. Une camionnette de primeurs avait éparpillé son chargement de fruits et légumes sur la chaussée. Les klaxons s’étaient bloqués, des gens s’engueulaient; comme à la maison, songea-t-elle.
Loo-Luna se retint d’embrasser la terre ferme, mais elle y pensa très fort. Elle se contenta de suivre Kyoshi, qui slalomait au milieu du bordel ambiant en direction de la limousine. Cette dernière gisait comme un cachalot échoué, le bout de lampadaire fiché dans son capot tel un harpon géant.
Kyoshi s’avança, arme à la main, mais Loo-Luna l’attrapa par le col de sa veste et la retira rapidement en arière. Les deux torpilles qui lui étaient destinées s’abîmèrent dans la carcasse de l’hovertruck, qui n’en était plus à ça près.
L’Eylwen déplia rapidement son arc, encocha une flèche et, bondissant par-dessus le capot de la voirture derrière laquelle elles s’étaient abritées, expédia le projectile directement dans la vitre derrière laquelle le garde du corps venait de tirer. Ce dernier fut d’ailleurs fort surpris de voir le trait traverser à moitié la paroi en Kevlar-Linidian™ transparent.
Le chauffeur venait lui de sortir un Short Torpedolaser Gun (STLG pour les intimes) et, par une des meurtrières du véhicule, ouvrit lui aussi le feu.
L’échange dura une bonne vingtaine de secondes, sans autres conséquences qu’une destruction massive du décor. Malgré son lampadaire incrusté dans la carosserie, la limousine était blindée comme un bunker et Kyoshi ne tarda pas à se retrouver à court de balles. Quand à Loo-Luna, elle n’avait réussi qu’à transformer une portière en hérisson, mais sans grand effet pour le garde du corps caché derrière.
C’est à ce moment là que la police se décida à intervenir.
Un transporteur antigravité massif se mit à vomir une douzaine de gens en armure d’assaut, tout en noyant la scène sous la lumière crue de plusieurs projecteurs puissants. L’aspect visuel était renforcé par une volée d’injonctions diffusées par deux systèmes audios et quelques beuglophones en conflit les uns avec les autres.
Une meute de gens en uniforme envahit la zone, braquant tout le monde avec plein d’attributs à caractère agressif. Kyoshi crut reconnaître des Angrist, des fusils qui combinent un AMAG 5 mm et un fusil automatique à photons.
**Loo, je crois qu’on devrait peut-être poser les armes…**
Jakob von Aa sortit de la limousine. Il était d’une humeur massacrante mais, ayant de l’éducation, il ne le montra pas. Le transporteur, qui était frappé aux armes de la Milice de Tara Brivianëa, se posa à quelques mètres de la carcasse du véhicule européen. Sa porte latérale, d’où avaient surgi une partie de la troupe, était ouverte et une silhouette féminine en descendit sans attendre que le véhicule soit complètement stabilisé au sol.
Il s’approcha nonchalamment de la silhouette, sortant entre le pouce et l’index sa carte d’indentification:
– « Je suis l’Ambassadeur Jakob von Aa, de la Confédér… »
– « Ex-ambassadeur! Je sais. » Elle sortit aussi une carte, à l’air plus méchant. « Inspecteur Virjnal Lambrassil, d’Interpol. Vous êtes surtout en état d’arrestation pour vol et recel, commandite de vol, association de malfaiteurs, abus de fonctions et quelques babioles du même tonneau. »
Le diplomate européen eut soudainement l’air très bête dans son smoking. Il finit par fermer la bouche, avaler sa salive et affirmer péremptoirement:
– « En tant que diplomate, je suis couvert par l’immunité diplomatique, et de fait… » L’inspecteur Lambrassil abordant un sourire de plus en plus large, il s’interrompit. « J’ai dit quelque chose de drôle? »
Elle sortit un papier à en-tête de la Confédération Européenne. « Visiblement, vos supérieurs en ont eu assez de vos conneries. Votre immunité diplomatique a été levée. D’où le ‘ex-ambassadeur’ de tout à l’heure. »
Elle laissa von Aa en tête-à-tête avec sa disgrâce et ordonna l’embarquement général et massif de tout le monde.
La nuit fut longue, les explications encore plus. Et compliquées, aussi.
Après avoir plus ou moins épuisé tous les sous-fifres, Kyoshi et Loo-Luna aboutirent devant l’inspecteur Lambrassil. Demie-Eylwen élevée dans les Citées Franches d’Eridia, elle avait l’avantage de connaître les cultures terriennes, siyansk et eyldarin, et l’inconvénient de n’être crédible pour aucune des trois.
– « Résumons-nous. »
Kyoshi soupira: « Ça ne fera jamais que le douzième résumé de la nuit… »
– « Et il y en aura encore autant si vous m’interrompez, Miss Kerensky! » Le ton était cassant. Deux regards se croisèrent et il y eut soudainement une dose malsaine d’électricté statique dans l’air.
Loo-Luna récita d’une voie lasse: « Nous avons été engagé par le Maître Archiviste Turlan Shi-Pliastera, de la Bibliothèque Royale d’Eokard, pour retrouver des ouvrages volés dans cette même bibliothèque. Notre enquête nous a mené vers un groupe de roboticiens terriens, et de là à leur commanditaire, un diplomate du nom de Jakob von Aa. »
Un instant, la tension se focalisa sur l’Eylwen, mais elle retomba très vite.
– « Un peu lapidaire », commenta Virjnal Lambrassil, « mais exact. J’ai vérifié vos références, elles sont authentiques. Le Maître Archiviste s’est porté garant pour vous. Je suppose que je dois porter la tentative d’arrestation d’une limousine blindée à coup d’AMAG 20 mm. sur le compte d’un excès d’enthousiasme? »
Kyoshi s’abîma dans la contemplation de ses escarpins. Son arme avait soigneusement été emballée dans un sac plastique, étiqueté « Pièce à conviction no. 268″ et figurait en bonne place sur le bureau de l’inspectrice, avec l’épée de Loo-Luna d’ailleurs.
– « Bon, » continua-t-elle, « je n’ai pas grand-chose contre vous, sinon l’utilisation de ce genre d’artillerie en dehors des zones prescrites. Compte-tenu du fait que vous avez contribué à l’arrestation de von Aa, je suis prête à passer l’éponge. Par contre, j’ai ici une note du gouvernement planétaire, qui aimerait bien que votre séjour à Tara Brivianëa soit le plus court possible. Joint à cette note, il y a un horaire des départs de navette interestellaire; je suppose que le message est assez clair. »
– « C’était quoi ce soupir? »
Kyoshi était adossée au cadre d’une des grandes baies vitrées du terminal spatial de Brivianë et contemplait la planète en-dessous. La vue était splendide.
À moitié caché par la planète, l’impressionant chantier de l’ascenceur orbital brillait. Ce genre de gadget avait été très à la mode vers la fin de l’Arlauriëntur, il y a près de trois mille ans, mais quasiment tous avaient été détruits pendant la Révolution, ou plus prosaïquement jamais terminés faute de crédits. Depuis quelques années, la bonne santé économique entraînant des poussées mégalomanes chez un certain nombre de dirigeants, les projets refleurissaient. Au demeurant, la structure avait son avantage économique certain: les vaisseaux pouvaient rester en orbite, leur contenu étant chargé et déchargé via l’ascenceur. Il faudrait néanmoins encore quelques années pour que celui-ci soit en état de fonctionner; le commentaire annonçant une inauguration pour 2301.
– « Rien… »
Loo-Luna leva la tête de l’immense codex, dont elle avait obtenu la garde après une longue bataille procédurière avec la police locale. **Pas à moi, Kyoshi Kerenski.**
**Je n’aime pas me faire expulser d’une planète.**
Elle capta une image fugace. **Ça n’aurait pas aussi un rapport avec ce jeune vendeur de tatouages et de bijoux, euh… spéciaux?…** Rien que l’évocation des bijoux en question fit frissonner l’Eylwen.
– « Oui, enfin, aussi. Je crois que j’ai besoin de vacances… Jalouse? »
Loo-Luna feint de s’étonner de la remarque:
– « Si tu avais voulu te le garder pour toi toute seule, j’aurais probablement été jalouse, oui! »
Elles rirent. Loo-Luna tourna une page.
Kyoshi se rendit compte immédiatement que quelque chose n’allait pas. Le rire s’était interrompu trop brutalement et le silence qui le suivait était trop lourd. Elle se retourna brusquement.
Elle vit sa compagne, quasi-immobile. Un reste d’éducation religieuse lui fit penser à la femme de Loth, transformée en statue de sel pour avoir regardé la destruction de Sodome et Gomorrhe. Seules ses lèvres bougeaient, épelant silencieusement le texte.
Loo-Luna se releva soudainement, pâle comme un suaire, murmura: « Non. » Puis s’enferma dans la seconde chambre de la suite.
Kyoshi déglutit. L’ambiance était lourde, affreusement lourde. Elle avait sur ses lèvres le goût de la tragédie. Comme le jour où on lui avait appris la mort de Rogiero et de sa mère… Elle attendit de longues minutes avant d’oser s’approcher du livre. Il était ouvert sur une double page.
Le visage de l’Eylwen la déshabilla jusqu’à son âme. Ce n’était qu’un dessin, mais le réalisme était tel que le premier réflexe de Kyoshi fut un mouvement de recul. Elle se rappela un rêve passé. Un rêve de Loo-Luna, dans lequel elle était entrée, comme par effraction. Une longue histoire!
Mais l’Eylwen du dessin n’était pas la jeune fille du rêve. Ou, pour être plus précis, ce n’était plus elle. Il y avait dans l’ovale du visage et dans l’intensité du regard la maturité qui, dit-on, vient aux Eyldar après quelques millénaires.
La légende de l’image disait, en caractères eyldarin particulièrement travaillés, « Inithil Eylwen Lleniel Canadean ». À la gauche du portrait, la lettrine menait au texte. Kyoshi se mit à déchiffrer les paragraphes, difficilement. Le langage était ancien et ses connaissances en eyldarin plutôt fragmentaires. Arrivée à la dernière ligne de la page, elle lut:
– « Ainsi fut détruit l’Inithil et ainsi disparut sa Dame et ses secrets. »
– « Non! »
Plus que les mots, c’est le ton tranchant des paroles qui firent se retourner Kyoshi. Loo-Luna était sortie. Elle paraissait exténuée, ses cheveux étaient en pagaille; elle s’accrochait au chambranle de la porte, mais ses yeux brillaient dans la pénombre. L’arcaniste ne put que remarquer l’aura qui émanait de sa compagne.
– « Non, Inithil n’est pas morte! »
– « Loo, je… »
Kyoshi courut vers l’Eylwen, la soutenant. Elle voulait la consoler, lui dire sa peine, mais le message revient, comme un leitmotiv. Mental, cette fois-là:
**Non, Inithil n’est pas morte. Je le sais, Kyoshi. Ne me demande pas comment; je ne peux pas te l’expliquer. Mais je sais qu’elle vit, quelque part…**
Kyoshi fit son possible pour porter Loo-Luna, au seuil de l’inconscience, jusqu’à leur lit. Elle l’y déposa, l’aida à se déshabiller et la borda. L’Eylwen ne protesta même pas, et elle ne tarda guère à dormir profondément.
Mais au fond d’elle-même, Kyoshi Kerenski savait que les paroles de Loo-Luna n’étaient pas seulement un délire causé par le chagrin. Lorsque son esprit avait touché celui de l’Eylwen, elle avait senti comme un lien mystique, tendu vers Dieu sait où. Un lien plus fort que tout ce qu’elle n’avait jamais ressenti, même avec sa « sœur d’âme » Bastet.
Elle se laissa tomber dans le fauteuil, face au livre. Regarda celle que, malgré tout elle avait du mal à considérer comme une rivale.
– « Je crois qu’on n’a pas fini d’entendre parler de toi, Inithil… »






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