« Les 81 frères », de Romain d’Huissier

"Les 81 frères", de Romain d'Huissier

Johnny Kwan, l’exorciste hongkongais qui est le protagoniste du roman Les 81 frères, n’est pas un inconnu de nos services – enfin, des miens – puisqu’il apparaît pour la première fois dans l’anthologie L’Amicale des jeteurs de sorts, parue en 2013. Son auteur, Romain d’Huissier, non plus, d’ailleurs.

Évoluant dans le Hong-kong contemporain, où se côtoient des modes de vie modernes et traditionnels, mais aussi des êtres de chair et de sang ainsi que des esprits pas toujours bien intentionné, il fait partie d’une petite communauté de spécialistes du paranormal de la ville: devins, alchimistes, bonzes guerriers et autres géomanciens.

Les Quatre-vingt-un frères éponymes que Johnny Kwan va affronter sont à la fois une triade hmong, mais aussi le nom des suivants d’un très ancien démon – ou d’un roi légendaire, ce n’est jamais très clair avec ces bestioles – qui semblent vouloir chercher à faire revenir leur patron. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle, voir plus haut sous « très ancien démon ».

Évidemment, quand on pose une accroche de ce calibre, le rôliste – et, plus précisément, le joueur de Feng Shui moyen – va frétiller. Et, pour le coup, c’est bingo! Le contexte de Hong-kong est excellement bien rendu et l’histoire est prenante. Comme dans tout bon film (de Hong-kong, bien sûr), il a des rebondissements, des bastons spectaculaires et des morts.

Là où le bât blesse quelque peu, c’est le style d’écriture. Je ne sais pas si c’est une décision de l’auteur, histoire de donner à son héros-narrateur un certain recul et un regard d’observateur plutôt que d’acteur, mais la prose est très classique, voire ampoulée. Il y a des imparfaits du subjonctif, c’est dire! C’est dommage, parce que je trouve que ça casse un peu l’ambiance. On attend John Woo et on voit débouler la Marquise de Sévigné. Avec des flingues et des artefacts légendaires, soit, mais ça fait bizarre.

La bonne nouvelle, c’est que ce livre appelle une suite, au point qu’il est même sous-titré « Chroniques de l’étrange 1 ». Je l’espère bien évidemment un peu plus péchue du verbe, mais si elle est seulement du niveau de ce premier ouvrage, ce sera déjà très bien. Les amateurs de beaux ouvrages noteront également l’élégance de l’édition, avec couverture rigide et reliure tissu.

D’autres avis, sensiblement similaires, chez Hugin & Munin et Cédric Jeanneret.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Roboduck dit :

    Ca a l’air bien sympa.

    C’est vrai que c’est dommage cette histoire d’imparfait (voire pire). Je trouve cela de plus en plus indigeste, je m’habitue clairement à lire des histoires au présent.
    Article récent signé Roboduck: Partager l’informationMy Profile

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